Hier soir, j'avais le choix entre assister à la fête de fin d'année à l'école Truc, assister au spectacle de fin d'année de l'école Bidule, ou assister à la soirée de fin d'année de l'école Chose.
Et dans chaque école les enfants avaient réclamé ma présence - avec plus ou moins d'insistance selon les élèves, naturellement, mais quand même... Et ça fait chaud au coeur, d'ailleurs.
Du coup, tiraillée, hésitante, en plein dilemme... j'ai pris la décision de n'assister à aucune, et suis allée avec zhom au restau, profitant de la seule soirée de l'année où je ne risquais guère d'y croiser des élèves et leurs parents.
Oui j'ai honte, un peu, mais zhom et moi on en avait vraiment besoin.
Et pi si vous savez pas quoi lire par ces belles soirées d'été, l'Aveu c'est un bon choix. D'Arthur London.
Selon le principe du poste fractionné, on change de classe, et souvent d'école, chaque jour. Donc...
Chaque soir, il faut préparer ou finir de préparer la classe du lendemain, et donc couper avec la journée qui vient de terminer... par de la télé par exemple. Enfin on croit que ça permet la coupure, mais ça fatigue et c'est tout. On a l'impression que ça va faire du bien de regarder Rangoon (j'aaaime John Boorman) à 20h35, puis d'enchaîner avec Usual Suspects (j'aaaime... Kevin Spacey) à 22h 40 (parce qu'à 22h40 on n'a pas encore l'impression d'avoir assez digéré la journée), alors on se met au boulot vers les une heure et c'est pas bien du tout. Surtout pour la quantité de sommeil ensuite.
Conseil kivoskivo:
D'une semaine à l'autre, les enfants oublient tout, comme je l'ai dit précédemment. Mais la maîtresse aussi! Et se retrouver un jeudi soir épuisée moi les jeudis je suis encore plus crevée que les autres soirs, pas vous? à se demander ce qu'on a bien pu faire le jeudi précédent, ou plus exactement où on en est resté, si on a corrigé ou pas, si les enfants sont prêts à passer aux révisions, tout ça... C'est un vrai cauchemar.
Conseil kivoskivo (et kivodlor)
Voire plus simplement, préparer le cahier journal du vendredi prochain, le vendredi à 16h30 (enfin 17h). Tout écrire avant de ranger, pendant que c'est encore frais. Quitte à laisser une case avec un point d'interrogation si on n'est pas encore certain(e) de ce qui va suivre, mais remplir la page au maximum. Ca fait trop plaisir le jeudi soir d'ouvrir le cahier journal de l'école du vendredi et de voir que tout est prêt, qu'il ne reste plus qu'à préparer un support de maths ou à repenser un peu l'activité de littérature.
Par contre, moi, j'arrive pas à préparer la semaine le weekend, pas comme l'an dernier où je faisais un cahier journal prévisionnel à la semaine pour la classe. Ni même lundi-mardi (et le mercredi préparer la fin de semaine). C'est trop bizarre de préparer des choses sans rapport, une journée à la suite de l'autre du lundi au vendredi, puis d'arriver le lundi et de ne se concentrer que sur le lundi alors qu'on a toute la semaine en tête.
Peut-être que certains fractionnés y arrivent? (ben, témoignez, soyez sympas).
Par contre ce que je fais le weekend pour toutes les classes c'est chercher les docus (sur internet par exemple). Et quand je fais une séquence avec plusieurs classes, je la prépare aussi souvent le weekend. C'est bieeeen de préparer pour plusieurs classes à la fois et de réutiliser les séances!! (et de les peaufiner à chaque nouvelle séance). C'est un avantage des postes fractionnés par rapport aux autres, ça!
En passant, encore un avantage du système fractionné par rapport à un poste normal :
Quand on a un cahier journal pour les lundis par exemple, ou les mardis, ou..., et que tout les lundis on fait histoire, ben on n'a qu'à tourner une page pour se souvenir de ce qu'on a fait la fois d'avant. On a toutes les séances à la suite. On peut même, en début de période, préparer le thème de chaque séance les unes après les autres, en écrivant sur chaque nouvelle page le thème de la séance. C'est linéaire, c'est facile de tout voir d'un coup d'oeil.
Alors qu'avec un cahier journal pour une classe normale, où on a un jour par page, il faut tourner plusieurs pages entre deux créneaux d'histoire, pour retrouver ce qu'on a fait la semaine précédente ou pour écrire à l'avance ce qu'on fera la semaine d'après.
Ce que j'essaye de dire, c'est qu'avec un cahier journal "100% lundis", on gère plus facilement les séquences qui ne correspondent qu'à une séance par lundi. (Si jamais je suis pas claire dites-le-moi en comm, c'est fort possible).
C'est le blog de la nuit des écoles bien sûr!
(C'est pour ce soir, vendredi 13 juin.)
En passant, allez rendre visite à Dan qui comme toujours soulève les questions importantes, cette fois-ci une impression sur les nouveaux programmes, et la question épineuse des deux heures...
Et si vous ne l'avez pas encore lu, le texte sur le petit Enzo (2012), est chez Kalolanéa.
Warning : je noircis le tableau, surtout parce que dans la réalité on a en général des collègues ouverts qui essayent de rendre la vie plus facile à leur quart-temps (et merci à eux / elles au passage).
A toi, cher(e) fractionné(e) potentiel(le), je continue de faire part des découvertes de mon année de quatre-quarts, toujours dans le souci de t'épargner de les faire à ton tour dans la souffrance et toujours pour le plaisir de jouer à la donneuse de leçons même quand la journée de classe est finie.
Je t'offre un scoop pour cette fois : n'être dans la classe et dans l'école qu'un jour par semaine, c'est la garantie assurée de complications dans la gestion de la classe (par rapport à une prof des écoles qui a sa classe tous les jours). Voilà qui ne surprendra pas les ex-PE2 qui ont connu la chose en stage filé, sauf que là c'est multiplié par quatre.
Déjà, tout simplement, n'être là qu'un jour par semaine signifie que d'un lundi à l'autre, par exemple, les enfants n'auront aucun rappel de ce qui a été fait ce jour-là. Tout s'oublie, et d'autant plus vite que les enfants sont petits (avec des cycle 2, un jour par semaine, c'est trop espacé).
Rien que pour noter les devoirs à faire, se pose le problème du support : sans cahier de texte, comment noter le lundi soir le travail pour le lundi suivant? Il faut en fait le transmettre à la titulaire et espérer qu'elle n'oubliera pas de le faire écrire le vendredi ne me demandez pas pourquoi je dis ça. Et même avec des cycle 3 qui, eux, maîtrisent vraisemblablement le cahier de texte, le simple fait de ne pas être assez précis en notant les devoirs, peut poser des problèmes : mais cette leçon, on l'avait notée où? On doit l'apprendre sur le livre? Par coeur? Bref...
Et si par chance les enfants savent ce qu'il faut faire et quel matériel il faudra emporter, vous arriverez parfois le lundi matin en demandant "alors, vous avez bien révisé la leçon Truc" (avec l'évaluation photocopiée encore toute chaude, prête à servir, sur la dite leçon), et là les enfants diront : "Oui mais on n'a pas pu réviser on n'avait pas nos affaires, parce que vendredi la maîtresse était absente alors on n'a pas pu les prendre". Et personne ne vous a averti(e)...
Passons sur le fait que ce qui a été fait la semaine dernière a été perdu ou égaré par les enfants dans leurs affaires ou leur cartable, ou par la titulaire dans la classe (je suis méchante exprès, là, en fait ça arrive rarement).
Passons aussi sur le fait que pour les enfants, le jour où tu es dans l'école est une parenthèse dans leur vie normale de classe, et que du coup ça fait souvent un peu récréation... (Il y aurait tant à dire à ce sujet...)
Remarquons que comme tu n'es jamais dans l'école en même temps que ta titulaire, tu ne peux avoir aucune idée de la façon dont les choses se passent avec elle ou lui, hein. Sa tolérance au bruit, sa façon de se positionner physiquement dans la classe, sa gestion des corrections (à son bureau ou dans les rangées), sa rigueur pour les déplacements, pour les échanges dans la classe, pour la façon de s'asseoir et de tenir son bureau rangé, sur sa façon de passer les consignes ou d'attendre le silence... Donc tu seras toujours en décalage par rapport au fonctionnement implicite de la classe, et par exemple ton geste pour montrer que tu attends le silence (mettons, croiser les bras en se mettant sur le côté, par exemple) sera celui qu'utilise la collègue pour mettre les élèves en action une fois qu'elle a passé la consigne. Mais tu ne le sauras jamais et tu te reprocheras tout ce qui ne marche pas comme tu le souhaites...
Car l'autre côté néfaste de ton absence de l'école pendant presque une semaine, c'est que la vie continue en ton absence (et curieusement toi tu as parfois l'impression que non, tu as toujours l'impression de retrouver l'école telle que tu l'as quittée, je ne sais pas pourquoi - d'autres fractionnés peuvent confirmer que ça leur arrive aussi?). Et que tout ce qui s'est passé t'a échappé : absences de collègues, incidents plus ou moins graves, changements de fonctionnements dans l'école, maladie d'un enfant ou événement important survenu dans une famille, changement de place des enfants dans la classe, arrivée d'un nouveau ou départ d'un élève...
Ca fait plusieurs fois que je n'apprends l'arrivée d'un nouvel élève que le matin vers 8h et quart, quand l'enfant est là depuis plusieurs jours (et que parfois la titulaire a été prévenue depuis plus d'une semaine...). Un matin c'est carrément en les comptant, en montant l'escalier, que je me suis aperçue qu'il y en avait un de trop. Et c'est en questionnant que j'apprends "Ah oui tu en as un nouveau, il s'appelle Mathéo". (Information immédiatement suivie d'une autre, extrêmement plus importante, du genre "c'est un petit blond", alors que tu ne sais même pas, dans ta classe double niveau, s'il est en CE1 ou en CE2)
C'est toujours une joie également d'arriver le même matin (ou mardi, enfin bref) et de devoir gérer les questions des parents pour la sortie du vendredi 12, la kermesse de Noël, ou de devoir encaisser l'argent pour les photos de classe, la tombola ou telle autre participation financière, alors qu'on n'est au courant de rien.
Dans la vie de l'école, n'être là qu'un jour par semaine fait que :
Mais le plus compliqué peut-être, c'est que les parents ne te voient quasiment jamais. Les rares jours où tu es là, tu prends le temps le matin de lire le cahier journal pour suivre ce qui s'est passé les jours précédents, le soir tu prends le temps de tout laisser en ordre avec éventuellement un petit mot (ou la photocop de ton cahier journal) pour la titulaire, donc tu n'as pas trop le temps de faire du relationnel à la porte. Grossière erreur, car les absents ont toujours tort. Comme tu n'as probablement pas assisté à toutes les réunions parents/ profs de la rentrée, ils ne t'ont pas vu(e), ne t'ont pas entendu(e), et ne sauront de toi que ce que les élèves retiendront, c'est-à-dire en général les choses qui les marquent : tes erreurs ou faux-pas. D'où de mauvaises surprises comme la mienne à la Toussaint. Les parents, déjà pas toujours contents de l'alternance entre deux maîtresses, imaginent rapidement le pire sur celle qu'ils ne voient pas... Pour peu que ta personnalité diffère de celle de l'autre maîtresse, les enfants vont amplifier les différences et dresser aux parents un portrait caricatural de leur maîtresse du lundi ou du mardi etc. D'où les difficultés.
Conseils perso kivalskival
Alors voilà, je continue à m'adresser à toi, lecteur potentiellement fractionné pour l'année à venir.
Warning : je noircis le tableau, surtout parce que dans la réalité on a en général des collègues ouverts qui essayent de rendre la vie plus facile à leur quart-temps (et merci à eux / elles au passage).
Quand tu dois partager ton temps entre quatre classes, tu n'as pas ta classe, pas ton bureau, pas de rangement pour stocker le manuel d'histoire d'une semaine à l'autre ou la méthode d'anglais...
Donc tu dois tout avoir sans arrêt avec toi. D'autant plus que tu t'es arrangé(e) pour utiliser le même manuel d'histoire dans deux classes, la même méthode d'anglais dans trois des quatre classes... Donc il faut bien remporter tes exemplaires avec toi le soir.
Pas ta classe, ça veut dire aussi ne pas pouvoir stocker dans la classe les évaluations pour les corriger un jour où tu auras le temps, ou juste pour les stocker une fois corrigées. Donc tu les remportes chez toi. Et chez toi tu les entasses en piles vertigineuses de part et d'autre de ton ordinateur, de ton bureau ou de ton frigo (selon que tu vis dans un appart plus ou moins grand ou un studio).
Et puis de temps en temps elles se mélangent.
J'avais choisi dans mon organisation quatre-quarts d'utiliser des pochettes "coin" pour ramasser en partant toutes mes feuilles, copies, évaluations, et tous les petits papiers et documents qui restent en fin de journée, mais ça a un effet pervers : on y entasse plein de trucs et finalement le tri ne se fait pas. Peut-être que ne pas avoir de pochette-coin à usage "vide-poche" m'aurait forcée à un tri avant de quitter les classes : les polys en trop dans la pochette plastique où j'ai mis mon original, les dessins d'élèves à la fin du classeur pour les afficher ou les ranger chez moi, les notes d'info des collègues dans mon cahier-journal pour pas les perdre, et les évals, seules, dans une pochette ou une chemise.
Tu passes de classe en classe, avec ta trousse tes cahiers et tes feuilles, et tu dois tout ramasser en fin de journée. Alors le soir tu ranges tout et soudain tu te demandes : "mais ce stylo rouge, là, il était dans le pot de la maîtresse sur le bureau, ou bien c'est le mien?"
Et dans le doute tu le laisses dans la classe, ce qui fait qu'à la fin de la première semaine tu dois racheter tous tes stylos.
Ou alors (selon ta personnalité) dans le doute tu l'empoches, sans savoir qu'il est à la petite Chloé du premier rang et que tu lui as emprunté pour corriger les cahiers tout à l'heure.
Un point positif : partager entre les écoles
Passer de classe en classe et d'école en école permet de faire passer du matériel d'un endroit à l'autre. Emprunter un support bien fait, un DVD, un poster... pour en faire profiter une autre école pendant une séance, mais sans oublier à chaque fois quelle était l'école d'origine. Prêter une balance de Roberval d'une école à l'autre, ou une série d'albums, ou des planchettes à pinces (pour servir d'écritoire lors d'une sortie), ...
On peut aussi "mutualiser" les élèves. Soit dans le cadre d'un projet de classe, faire correspondre les élèves d'une classe avec ceux de l'autre, soit tout simplement réaliser de temps en temps des échanges (un défi maths ou un défi lecture par exemple) qui donnent un intérêt aux activités menées en classe (on montrera notre compte-rendu à la classe de XXX et ils nous montreront le leur).
Conseils perso :
Autre conseil kivoskivo :
Un beau jour de mai ou de juin, on te dit : Alors voilà, l'année prochaine, tu n'auras pas ta classe, tu auras des quarts-temps : tu partageras quatre classes avec les titulaires des classes, et tu passeras, chaque semaine, une journée dans chacune des classes.
(Ou, si tu n'as pas de chance, tu travailles en semaines de quatre jours et demis et les calculs sont affreux pour les samedis.)
(Ou, si tu n'as vraiment pas de chance, les choses se compliquent et tu dois passer deux demi-journées séparées, au lieu d'une journée d'affilée, dans les classes.)
Warning : je noircis le tableau, surtout parce que dans la réalité on a en général des collègues ouverts qui essayent de rendre la vie plus facile à leur quart-temps (et merci à eux / elles au passage).
Alors comme c'est le plus beau métier du monde, tu te dis que tu vas faire de ton mieux pour le bien des enfants, et tu t'apprêtes à prendre le chemin de l'école, enfin des écoles, dans la bonne humeur.
Oui mais voilà.
Chaque école est différente : pense aux horaires, aux clés, au code de l'alarme, au fonctionnement de la cantine, de la garderie, du ramassage, pense aux heures des récrés, pense aux équipements qu'il y a ou pas, aux moyens financiers, au nombre de classes, à l'absence de parking, aux trajets qui changeront chaque jour, découpage de l'année pour les livrets, "habitudes" de l'école en tous genres (*)...
Chaque classe est différente : pense aux différents cycles et niveaux (Petite Section ou CM2), pense que les élèves sont plus ou moins autonomes, plus ou moins bavards, plus ou moins en avance ou en retard, pense que certains auront besoin d'aide (RASED, PPRE, etc), pense à la taille et à la forme de la classe, à l'allure du tableau (vieux tableau noir écaillé, tableau blanc super propre, tableau blanc qui s'encrasse et bleuit),...
Chaque prof marche différemment : ici on a le droit de se lever pour prendre de la colle ou des ciseaux, là il faut avoir tout à sa place, ici quand on a terminé on a un travail tout prêt dans un classeur, là quand on a fini on peut dessiner au tableau ; ici les élèves peuvent parler entre deux activités, ici non ; ici les élèves apportent leur travail à la maîtresse dès que c'est fini, là ils lèvent la main, là ils ferment le cahier et font des dessins sans rien dire. Ici on a le droit d'écrire à la plume, là on prend le crayon même sur le cahier du jour. Ici on a des classeurs pour tout, là on ne sait même pas prendre une feuille dans le bon sens. Ici on souligne la date, là on n'a pas le droit...
Imagine all the people...
Chaque jour tu dois rouler dans un pays différent (un jour une petite école de village, un jour une grosse école à dix classes). Dans certaines écoles on roule à gauche, dans d'autres on roule à droite et les routes sont pleines d'ornières,...
Chaque jour tu dois prendre une voiture différente (ta classe) : elle marche comme ci, elle fait tel bruit quand on fait ça, elle réagit bien à telle manoeuvre et très mal à ce genre de comportement, il faut penser à bien mettre les sièges comme ci pour éviter tel problème, ...
Et chaque jour le code de la route est différent (le fonctionnement dans la classe) : ici il ne faut pas laisser les élèves se lever, ici par contre il faut qu'ils soient debout quand tu arrives en classe. Ici tu dois tout surveiller et répéter chaque matin que oui, on met la date sur le cahier de classe, là les élèves sont déjà tous prêts quand tu as terminé de faire l'appel, ici il faut qu'ils apportent leurs stylos eux-mêmes, alors que là il faut leur donner tout ce qui manque, etc.
Donc impossible d'avoir ses habitudes de jour en jour. Tout change chaque jour, et même si ça se répète d'une semaine à l'autre, les habitudes ne se créent pas. Moi qui marchais l'an dernier en m'appuyant sur les mêmes gestes dans le même ordre tout le temps tout le temps, cette année ça n'a pas été possible. TOUT est différent et c'est les petites différences qui minent le quotidien. Chaque école a sa photocopieuse, son massicot, son micro-onde et son frigo - ou pas de micro-onde ni frigo - sa clé d'entrée, sa clé de classe, sa façon d'ouvrir les volets ou les rideaux, sa façon de signaler la fin de récré,... Dans chaque école tu poses ton sac à main à un endroit différent, ton bureau est à un endroit différent chaque matin, tu as de la place dessus ou pas du tout, il y a un pot à crayon ou des tiroirs ou rien, un porte-manteau ou rien, la lumière s'allume différemment...
Et certains matins tu te trompes de clé, de sac, de cahier-journal, d'horaire ou d'itinéraire. Si si si.
Le conseil perso kivoskivo :
(*) : le pire c'est les "habitudes" parce que ce n'est jamais écrit, et ce n'est pas le genre de choses auxquelles on pense quand on pose toutes les questions en début d'année : est-ce qu'ici les parents ont l'habitude de venir te voir / te poser des questions / t'embêter le matin dans ta classe ou le soir à la porte? Est-ce que d'habitude ils aident les enfants à faire le travail ou pas? Est-ce que d'habitude les profs se retrouvent tous en récré ou est-ce que le tableau des services est respecté scrupuleusement (du genre, si tu n'es pas là aux récrés où t'es pas de service, on va t'en vouloir sans te le dire...)? Etc...
C'est marrant d'entendre certains enfants, notamment dans les petits villages. Parfois ils ont la même façon de parler que leurs parents et la même intonation, on croirait entendre un agriculteur retraité ou un vieux pépé dans un film.
L'autre jour un enfant, considérant la météo pourrie de ces derniers jours, et constatant que la puie avait repris au-dehors, me dit :
- Hé bé, l'aura ben plu!
Pendant une seconde je croyais que c'était du second degré, qu'il faisait une imitation, quoi...
Avec le temps des cerises, c'est un rituel de la fin mai.
D'ici très peu de temps maintenant je saurai si l'an prochain j'ai ma classe, ou si je reste avec mon très inenviable statut de "titulaire départementale" (TD pour les intimes), alias "fractionnée", alias "maîtresse-de-personne", alias "bouche-trou", alias "ramasse-miettes"...
Et si j'ai la triste chance de rester fractionnée, je ne saurai que dans plusieurs semaines si j'ai l'honneur et l'avantage de prétendre au moins à un mi-temps parmi les classes qui m'échoiront / m'écherront (on a le choix) (pas le choix des classes, le choix entre les deux formes pour le futur d' échoir).
Parce que quatre quart-temps, c'est vraiment dur à vivre - comme il existe des huitièmes de temps, ayons au passage une petite pensée pour ces damné(e)s de la terre.
Et toujours cette indignation de se dire "je travaille à plein temps : je pourrais m'occuper d'une classe à plein temps, mais au lieu de ça on me fait passer de classe en classe chez des collègues à qui on confie une classe alors qu'elles sont à temps partiel..."
(Pour ce qui est des décharges de direction, c'est une autre histoire.)
(Même si j'aime bien mes collègues, je pense avoir le droit de ne pas apprécier ce paradoxe.)
Trêve de lamentations!
J'aimerais (je l'ai déjà dit une bonne dizaine de fois) faire une série de messages sur les avantages et inconvénients d'être "quatre-quarts" tels que je les perçois. Je suis en train de lister mes thèmes, c'est pour bientôt.
Je crois que je serais d'autant plus heureuse de les poster, si j'avais la certitude d'avoir ma classe l'an prochain. En même temps, les côtés "positifs" du poste quatre-quarts (il y en a une petite série) me permettront peut-être de relativiser, si la réponse n'est pas celle que j'espère.
Croisez les doigts pour moi, vous qui passez sans me voir sur cette page.
Deux jours de grève sur deux semaines, c'est pas l'idéal pour le pouvoir d'achat.
Pourquoi est-ce que les profs font quand même grève?
A ce prix-là, on ne fait pas grève juste pour le plaisir de mettre les parents dans la m--de, comme le sous-entendent certains.
J'suis juste un peu énervée, là.
Dan le directeur a fait un meilleur calcul...!
Note : ceci き se prononce "ki" et c'est un hiragana (caractère syllabaire japonais). Ceci さ se prononce "sa".
Et comme je les confonds, vous allez y avoir droit aujourd'hui. Je m'entraîne, mais si さ vous saoule trop promis j'arrêterai.
Deux barres horizontales, ki, et une seule, sa.
C'est un truc きm'est déjà arrivé plusieurs fois et je me demande comment réagir. Voilà. Vous entrez dans la classe de votre collègue (dont vous faites le quart-temps, le mi-temps ou la décharge) et vous remarquez au tableau une magnifique erreur d'orthographe, dans un paragraphe laissé là pour être recopié ou pour information. Et vous en êtes sûr(e), c'est bien une erreur, au besoin, c'est le dictionnaire き vous le confirmera. En plus, sur un mot pas si rare.
Au choix, je vois plusieurs options :
1. Vous laissez l'erreur au tableau et n'intervenez pas, vous n'êtes pas responsable.
2. Vous ne pouvez pas vous résigner à laisser さ au tableau pendant que c'est vous き
faites classe. Vous corrigez discrètement en espérant que personne ne
remarquera rien, ni la collègue ni les enfants. Ce n'est pas correct
d'attirer l'attention.
3. Vous corrigez après avoir fait chercher
dans le dictionnaire et vous faites remarquer aux élèves la présence
d'une erreur. Vous insistez sur le fait que c'est toujours le
dictionnaire き a raison et non les maîtresses, et vous faites remarquer que même vous la maîtresse vous pouvez vous tromper. "Oui, さ arrive, alors, ouvrez l'oeil!"
4.
Vous corrigez devant les élèves et vous sortez les dictionnaires pour
bien montrer que votre collègue a fait une erreur, histoire き'ls se souviennent de ce mot difficile et en retiennent l'orthographe.
D'autres options ou suggestions?
J'ai déjà eu recours à l'option 2 et à l'option 3.
L'orthographe, c'est un truc sur lequel je ne transige pas. Même un point き manque ou un accent inversé (aigu au lieu de grave), さ me fait des crises d'urticaire. Alors des n ou des t doublés quand il ne faut pas, des sc / x ou des quelque /quel que
mal utilisés, je ne peux pas les laisser sans rien faire. Et puis
certains parents sont de la vieille école comme moi et voient d'un
mauvais oeil qu'on laisse écrire des "fautes" sur le cahier de leurs
petits.
En même temps, je ne me vois pas critiquer les collègues. Chacun a
ses points faibles, et si pour moi l'orthographe coule de source*
(franchement, c'est très très très rare que j'hésite, et là je sors le
dico devant les élèves), ce n'est pas le cas de la didactique dans la plupart des certains domaines, alors je me vois mal mépriser les autres...
Bref je ne sais jamais comment faire. C'est mieux quand les
titulaires ne laissent rien au tableau. De toute façon le problème se
pose aussi pour les affichages dans la classe ou les mots aux parents,
évidemment.
J'espère que ce sera différent l'an prochain (si j'ai ma claaaaaasse)...
(*) : je ne parle pas des fautes de frappe, きdécoulent directement des actions malveillantes des lutins du clavier, ces さtanés petits parasites.