L'an dernier j'avais fait un message sur le sujet. En ce moment c'est une page très visitée sur mon blog, selon les stats fournies par canalbl*g.
Aujourd'hui je dévoile ce que je vais faire pour mes derniers jours restants (j'ai déjà eu un dernier jour, il m'en reste trois). ( Ben oui chez nous l'école finit plus tard).
Donc cette année je termine l'année avec des jeux divers comme l'an dernier, et des jeux apportés par les enfants pendant que je retire mes affichages et que je récupère mes quelques affaires laissées dans les classes (mais il y en a très peu comparé à l'an dernier, vu que le plus gros est chez moi - et là le rangement se fera hors temps scolaire évidemment).
Et j'ajoute des ateliers origami. Avec en pliages vedettes la grenouille qui saute, et la grue japonaise. Pour la grue je raconte l'histoire de la petite Sadako Sasaki et des mille grues pliées (orizuru, la grue pliée 折鶴). Et avec les grands on va écrire origami en caractères japonais : 折り紙. (deux kanji et le hiragana ri au milieu).
Voilà, ça c'est ce que je vais faire demain...
Sinon j'avais noté des trucs concernant les derniers jours... toujours valables.
Petite note positive du weekend : je n'ai pas eu à me creuser les méninges pour concevoir mon évaluation pour demain, je n'avais qu'à piocher dans les activités proposées l'an dernier à mes élèves et à adapter un poil les données numériques.
Comme quoi organiser intelligemment mes fichiers dans le but de les rendre réutilisables (voir ce post), ça paye.
Par contre ce qui sera dur ce sera de fusionner les deux, dans ce type de situation : compiler mes fichiers de l'an dernier et ceux de cette année, pour ne pas tout avoir en doublon mais garder quand même ce que j'ai ajouté au travail de l'an dernier, la "valeur ajoutée" de l'année en quelque sorte.
Bon, on verra fin juin pour la prise de tête...
Message un peu plus facile à lire en cliquant ici.
Si tout va comme je l'espère, ce sont mes dernières vacances en tant que fractionnée.
En tout cas, mes dernières vacances en tant que "quatre -quart" : si jamais je me récupère un poste fractionné pour la deuxième fois, je compte bien me battre bec et ongles et la tête alouette pour avoir au moins un mi-temps, et refiler mon statut maudit à un autre plus fraîchement arrivé, au joli jeu de chaises musicales qu'on appelle le "mouvement".
Parce qu'un quatre-quarts en vacances, qu'est-ce que c'est? (pour reprendre les formules rhétoriques présidentielles)
C'est une pile de fiches et feuilles à trier (vu que chaque soir le quatre-quart ne peut pas gérer le classement des docus, tant il est occupé à faire sa transition magique "aujourd'hui j'étais en CP-CE1 mais demain je suis en CM1-Cm2" et à tous les réajustements organisationnels, logistiques et mentaux qui vont avec), et à classer dans une énorme série de classeurs (vu que le quatre-quart peut travailler sur tous les niveaux de la maternelle au CM2 voire plus, et faire toutes les matières possibles et imaginables) qui bien sûr occupe la moitié de sa salle à manger, de sa chambre ou de son garage : le quatre-quart n'a pas sa classe à lui, donc le seul lieu d'archivage et de classement c'est son domicile perso, voire sa voiture - ce dernier choix permettant d'avoir tout sous la main, de ne pas faire d'aller-retour chargés matin et soir entre maison et voiture, et d'avoir un domicile <hum> presque </hum> rangé (l'inconvénient est que votre voiture est une poubelle sur roues, que c'est la galère pour caser les courses, que vous vous tapez la honte à chaque contrôle technique ou intervention mineure, et que vous ne pouvez transporter personne).
C'est quatre programmations de période (*) à faire, chacune s'alignant sur le livret d'évaluation de la classe concernée (j'ai déjà parlé des disparités dans les livrets), sur la progression annuelle de l'école (mise au point par les conseils de cycle de l'année précédente, lorsque vous n'étiez pas dans l'école, et qui cette année seront remis à jour lors du conseil de cycle auquel vous participerez alors que vous ne restez pas dans l'école), prévue pour s'adapter aux manuels ou matériel de l'école (donc pas toujours transposables d'une classe à l'autre)...
Il y a quatre séries de progressions à faire, évidemment. Chaque classe a besoin de sa progression de période en maths, en étude de la langue, en langue vivante étrangère (LVE), en histoire, en géo, en découverte du monde (DDM), etc. selon les matières qu'on vous a attribuées pour chacune.
Si en plus vous avez quatre doubles niveaux, vous comprenez aisément qu'il y a alors quasiment le double de travail (sauf si vous vous arrangez pour faire des séances d'histoire géo, LVE ou DDM communes dans la classe).
Bon, et à part te lamenter, Titane, qu'est-ce que tu sais faire?
Ben depuis le temps, j'ai trouvé des façons de m'organiser.
Je crois que j'en avais déjà parlé mais comme je peaufine ça a pu changer un peu.
A la fin de la période 4, j'ai noté où j'en étais de ce qui était programmé pour la période, et dans certaines classes j'ai déjà fait un récap de ce qui restait pour la période 5 (sur une page du cahier journal).
Là où ça n'a pas été fait, je vais devoir étudier le livret d'évaluations (qui en général colle à la progression par cycle) et ma programmation annuelle pour me décider sur ce qui est faisable en une dizaine de semaines. Je liste tout ça sur un document OpenOffice, avec des paragraphes pour chaque domaine (LVE, DDM etc), et deux colonnes lorsque j'ai un double niveau en essayant de tout caser sur un A4.
J'obtiens donc quatre feuilles, que je glisse en début de classeur dans chaque partie. Si mes collègues me l'ont demandé je leur envoie le doc par mail (et je stocke en retour leurs programmations dans ma boîte mail, bien archivée pour la retrouver).
Pour chaque classe (chaque niveau si classe double niveau) et pour chaque domaine disciplinaire (oui oui ça fait beaucoup), il faut ensuite répartir le travail sur les semaines. Pour ça je prends mon magnifique planning de l'année scolaire et je répartis le travail pour chaque semaine, en respectant un ordre logique dans ma programmation évidemment.
Je me saisis alors de mon cahier journal où j'ai au préalable inscrit en haut des pages les dates des journées que je passais dans la classe. Je remplis au crayon à chaque page les activités prévues pour le créneau horaire correspondant. Par exemple si je suis en train de programmer les maths je remplis pour chaque page le créneau de maths (très souvent c'est le créneau entre la récré du matin et midi) - en général je remplis les cases des deux niveaux en même temps, pour avoir des activités liées, sinon c'est trop galère.
En fait je fonctionne souvent dans cet ordre:
D'abord je programme les activités de maths pour les quatre classes (les huits niveaux), je tape mon document A4, et je remplis les quatre cahiers. Puis je programme le français, je modifie mes quatre documents A4, et je remplis les quatre cahiers. Puis je vois en histoire géo, DDM, LVE, EPS et autres ce que je peux faire en commun, je liste sur le doc A4, et je remplis les cahiers pour tout ça en même temps.
Sinon ce serait vraiment trop complexe.
Il arrive que je note juste un ou deux mots (possibilité d'activité
peut-être pas faisable, par exemple), ou que je laisse blanc en fin de
période (pour pouvoir ajuster).
A l'issue de tout ça, j'ai pour chaque classe un cahier journal prévisionnel au crayon. J'y inscris la compétences ou les compétences travaillées et l'idée d'activité ou le support à utiliser. Je programme la séance d'évaluation en même temps (toujours galère car toutes les évals semblent tomber au même moment).
Au cours de la période, tout est toujours un peu retardé par rapport au planning, donc je gomme et recrayonne souvent, mais au moins la programmation de la semaine (qui était ma hantise l'an dernier et que je gardais pour le dimanche après-midi) est faite, de façon basique mais quand même. Il me reste au cours de la période à bien penser mes séances, à trouver ou fabriquer des supports d'activités, et à concevoir les évaluations.
Il m'a fallu quatre périodes de vacances pour arriver à m'habituer à ce boulot répétitif et peu motivant, je le fais maintenant un peu plus rapidement, mais je n'arrive toujours pas à me passionner pour ce que je programme (alors que l'an dernier je m'investissais dans mes projets de littérature, de maths ou d'histoire géo des périodes à venir).
Vivement les résultats du mouvement...
(*) rappel de vocabulaire pour les non initiés:
période : intervalle de temps séparant deux moments de vacances. Il y a cinq périodes dans une année scolaire. Dans certaines écoles, on distribue les bulletins d'évaluation à la fin de chaque période, donc avant chaque départ en vacances. Dans d'autres, c'est à chaque trimestre (période 1 et 2, puis période 3 et 4, et la période 5 plus longue qui fait un trimestre à elle seule).
programmation (parfois appelée progression): la liste de tout ce qui va être appris par les élèves et enseigné, dans chaque domaine disciplinaire. Ca correspond aussi à la liste des activités qui vont être proposées ou à la liste des textes qui vont être étudiés (car c'est lié). Il existe une programmation pour l'année, une programmation par période, et on peut aussi programmer sur chaque semaine, voire chaque jour mais c'est du sport. On parle aussi de programmation dans le cycle (par exemple cycle 3 = CE2 CM1 CM2) : les enseignants de cycle se répartissent le programme du cycle pour les trois années.
L'autre jour, il y avait vraiment une sacrée pile d'évaluations à corriger.
Alors j'ai demandé un coup de main à zhom. C'était pas difficile, il suffisait de regarder les réponses des élèves et de barrer les erreurs. C'était de la géométrie, des questions sur des polygones, le genre de correction dont Titane se dit "même zhom peut le faire". (Et de toute façon je suis repassée après pour vérifier, pour les commentaires et la "note").
Zhom a gentiment pris un stylo rouge et parcouru la moitié de la pile (je faisais l'autre moitié). Il a terminé juste après moi.
Quand j'ai récupéré toutes les feuilles pour les appréciations, il m'a dit "quand je vois le genre de travail que tu leur donnes à faire, je comprends pourquoi les gamins ils sont dégoûtés de l'école".
Grmmmmphf.
Alors après il s'est rattrapé : "Nan mais tu comprends, là par exemple ils doivent marquer les angles droits sur des figures, ça n'a aucun intérêt, ça sert à rien, c'est répétitif."
Aussitôt, Titane objecte qu'il s'agit d'une évaluation, que c'est sûr que c'est pas drôle et que c'est dur d'évaluer dans le cadre d'un projet, que de toute façon en géométrie les projets c'est pas simple à concocter et que quand on n'est là qu'un jour par semaine ben à moins d'y passer ses jours et ses nuits les projets on peut s'asseoir dessus doit raisonnablement renoncer.
Mais quand même, j'étais pas fière.
C'est vrai que mes activités (et pas seulement en évaluation) ne sont pas passionnantes, n'ont pas d'intérêt (pour les enfants) autre que d'acquérir la compétence prévue au programme, et que c'est répétitif et pas concret.
Même si j'ai des tonnes d'excuses toutes plus valables les unes que les autres (à mes yeux), ce genre de propos me force à me remettre en question.
Je rumine donc ça pensivement devant la cheminée, et un peu plus tard zhom pense tout haut:
"Moi, je me souviens, avec mon maître, Monsieur B[...], pour les angles, c'était vachement sympa, on allait dans la cour, il dessinait des cercles au sol et on devait se placer à 30 degrés, 60 degrés, 90 degrés..."
"Ben oui mais les degrés c'est plus au programme de l'élémentaire."
"Et les rapporteurs alors?"
"Ben, non plus. Juste les équerres, et les gabarits d'angles ou des calques, mais sans parler de degrés."
"Ah bon."
Et Titane de réfléchir avec lui que pour les angles droits (puisque c'est de là que partait la discussion), on pouvait bien penser que certains enfants ne comprendraient pleinement la notion qu'au moment d'utiliser un rapporteur et de s'apercevoir que c'est le quart d'un tour entier ou la moitié d'un angle plat, donc que c'est assez remarquable pour qu'on s'en soucie, ... mais les Instructions Officielles se fichent de ces considérations et ont banni les rapporteurs des écoles.
En fait on en trouve dans les armoires, et même des fois certains sont accrochés dans un coin du tableau avec l'équerre géante et le compas à ventouse, mais bon... C'est comme les planisphères avec l'URSS, ça reste là parce qu'on ne sait pas quoi en faire et que ça fleure bon l'école d'autrefois.
Et puis en repensant aux activités avec les angles tracés au sol dans la cour, je m'interroge sur la faisabilité d'une séance de ce type (dont l'intérêt est limité parce que c'est quand même vachement abstrait, et tracer des cercles façon trigonométrie sur une cour d'école, bof)
(en plus si on fait une série de cercles avec deux axes orthonormés au milieu, vu d'avion, ça va ressembler à un cimetière profané par des néonazis).
Et zhom me précise "mais oui, ça se passait super bien. Le prof traçait seize cercles et..."
"Seize cercles? <scream>SEIZE ???</scream> "
"Ben oui, on était seize dans la classe".
Alors oui, seize élèves, un niveau unique, et un prof à plein temps, là je comprends mieux pourquoi il garde un souvenir si chouette de cette année scolaire-là. C'est sûr que ça devait être cool de préparer des séances sympa dans ces conditions.
Mais en double niveau, double cycle, à 25 ou plus, c'est pas pareil.
Juste après le précédent du même genre.
(Sauf que j'ai tout corrigé et terminé pour une classe. Plus que trois!!)
Et comme j'ai quatre classes j'ai la joie de, parfois, retrouver au milieu des évals d'une classe, une feuille d'une autre classe...
Et comme j'ai quatre classes il m'arrive de me mélanger dans mes grilles, celles où je reporte les notes, et de mettre pour une classe des compétences évaluées dans une autre, super après c'est tout brouillon.
Et comme j'ai quatre classes et pas la mienne, je suis obligée de tout corriger et remplir chez moi, donc ma chambre ressemble à.... ben je sais même pas à quoi. Avec des piles partout, des grilles d'éval étalées sur le lit (sur le bureau j'ai plus la place), des stylos rouges perdus dans les draps avec des miettes de chocolat aux noisettes, des copies qui s'envolent en cas de courant d'air, et une titane super énervée au milieu.
A retenir :
- il vaut mieux corriger les évals dès qu'elles sont faites au lieu de tout garder pour le weekend
- il vaut mieux rendre les évals régulièrement dans le trimestre
- il vaut mieux les rendre après avoir relevé les notes sur la grille (ne me demandez pas pourquoi!)
- il vaut mieux ne pas perdre les grilles sur lesquelles on reporte les notes (grrr, deux ou trois heures de perdues!)
- quand on a l'habitude de corriger les évals sur son lit, il vaut mieux acheter des draps de couleurs plutôt rouge. (Sauf si vous ne corrigez pas en rouge, évidemment!) Ca tombe bien je trouve que c'est chouette de xxxxx dormir dans du rouge.
- il vaut mieux manger du chocolat sans noisettes entières, ça fait moins mal au dos quand on xxxxx dort dans le lit qui a servi à corriger
- il vaut mieux avoir une classe que quatre classes
- il vaut mieux ne pas habiter avec titane les weekends d'éval
C'est la saison des évaluations.
Un beau petit weekend printanier à corriger des évaluations au coin du feu au lieu d'aller me promener sous le soleil de fin mars comme toute personne réellement en weekend, puis à reporter toutes les notes (enfin les lettres) sur les grilles de chaque classe, et d'ici 10 jours, les quatre séries de livrets d'évaluation à remplir (une petite centaine).
Et comme il y a 4 classes, il y a 4 livrets d'évaluation différents, 4e séries de compétences différentes, et on a beau avoir décidé d'enseigner les mêmes choses aux classes d'un même niveau, même les évaluations doivent être différenciées pour coller aux compétences programmées sur le livret dans chacune des classes.
Ce qui fait que j'adapte partiellement mes exercices d'évaluation, mais pas toujours.
Conclusion : j'ai parfois sur deux classes les mêmes activités à corriger, mais je ne dois pas évaluer la même compétence pour une même activité.
Et je ne dois pas oublier que dans certaines écoles, on note acquis / non acquis / en cours d'acquisition (A NA EA, ou A NA ECA), alors que dans d'autres il y a 4 niveaux d'acquisition (1 2 3 et 4), et dans d'autres on met parfois des notes.
Je vais devenir folle si j'ai encore ça l'an prochain.
Ca y est j'ai attaqué.
Hier j'ai sorti des fiches bristol de couleurs pour faire des listes pour chacune de mes classes, et des fiches blanches pour les autres listes.
Là depuis tout à l'heure j'ai attaqué le travail pour les classes, et ces petites listes me plaisent bien, je coche et je recoche, et dès que je pense à un truc pour une autre classe j'ai qu'à changer de petite fiche au lieu de m'encombrer le cerveau avec un truc à retenir, ou d'avoir à sortir le cahier journal de la bonne couleur et de me retrouver toute encombrée au milieu de mes préparations!
Donc mon premier outil "GTD" c'est le "hipster PDA", troooop bien!
(le mien ressemble plus à la photo de l'article équivalent sur 43folders).
En plus du coup j'ai pu travailler à la prog de deux classes et à mon support de maths pour une des classes sans avoir à terminer toutes les progs de toutes les classes avant, bref c'est plus facile de jongler entre les TODO lists avec ce machin.
Je le recommande instamment à tout le monde, surtout aux fractionné(e)s!
Bon, j'en parlerai plus une autre fois, je retourne au travail.
... EDIT: ce que j'ai fait:
- prog et découpage des maths et de la géo classe bleue (deux niveaux)
- prep de lundi matin
- prog et découpage anglais classes rouge et bleue (deux niveaux)
- prog et découpage géo, DDM, maths, ORL classe jaune (deux niveaux)
- BONUS j'ai vidé mon INBOX principale! Reste plus qu'à vider l'autre, la secondaire, pour avoir fait la première vraie étape de GTD.
Allez c'est parti! Enfin... Si comme moi vous avez procrastiné depuis le début des vacances - ben quoi il faut bien se reposer non?
Voilà mon plan d'attaque. En trois points comme le veut la tradition.
Qui l'aime le suive.
- Les programmations par semaine pour chaque classe et chaque niveau (le plus long)
Jeter un oeil à la programmation annuelle pour chaque matière, regarder ce qui a été fait, choisir par quoi on va commencer à la rentrée.
Se rappeler ce qu'on a fait et où on en est resté.
Chercher dans le livret scolaire les intitulés des compétences à évaluer pour ne pas galérer comme la période précédente.
Programmer dans le temps les évaluations.
Préparer brièvement les deux ou trois premières séances pour chaque domaine (le squelette de la séquence).
- Préparer les premiers jours
Remplir le cahier journal au crayon pour les premiers jours
Prévoir les activités du jour de la rentrée (garder un petit créneau pour souhaiter une bonne année - voire axer une activité sur le sujet).
Prévoir les supports et documents qui seront les plus difficilesà trouver / fabriquer pour la première semaine, et commencer à se pencher dessus.
Préparer les deux premières journées.
- Prendre le temps, en parallèle, de voir ce qui n'a pas marché très fort dans mon organisation jusqu'ici.
Je compte notamment changer mon format dans le cahier journal (une page par jour plutôt que deux).
Je compte aussi centraliser le travail autrement dans mon gros classeur, prévoir des protège documents vides pour les supports fabriqués "sur la route".
Organiser un carnet avec un coin "listes contextuelles" (une page par classe) pour centraliser les "choses à penser" de chaque classe / chaque école (façon GTD)
Je dois reprendre le tri des feuilles et supports, comme à la Toussaint, et il faudrait qu eje m'engage à faire ce tri chaque fin de semaine, pour ma propre efficacité (ne pas avoir à réimprimer un doc en urgence le matin à 7h30 parce que je ne le retrouve pas dans mon bazar).
C'est le premier point qui est le plus compliqué. Beaucoup de retard en période 2, il va falloir mettre les bouchées doubles pour faire ce qui était prévu en période 3 - je crois que je ne vais pas mettre les bouchées doubles mais juste décaler un peu. Pourquoi faire tout très vite quand on peu faire un peu moins, mieux?
On nous l'a dit et répété : faire des fiches de preps permet de réutiliser le travail d'une année sur l'autre.
Oui, c'est sûr qu'il vaut mieux faire une fiche que noter les détails dans le cahier journal, puisque l'année prochaine ou les suivantes on ne reviendra sans doute pas plonger le nez dans le cahier-journal.
Mais pour autant, est-ce vraiment simple de réutiliser le travail de l'an dernier? Et les preps de séance sont-elles ce qui nous resservira le plus?
Comment procéder pour que le travail d'aujourd'hui puisse être réutilisé demain?
Elle est belle mon intro hein? Avec problématique et annonce du plan et tout...
Les archives : une tonne de classeurs, cahiers, chemises, et fiches en vrac
Chez moi, après à peine deux ans, je me trouve submergée de classeurs, de pochettes et chemises diverses, plus ou moins ordonnées, plus ou moins triées... (photos, en bas de post : tout ce qui n'est pas flouté c'est pour l'école)
C'est un peu compliqué de s'y retrouver.
La veille d'une séance sur les angles droits, où trouver les activités faites sur ce sujet au printemps dernier? Ce soir-là j'ai cherché un peu, et puis j'ai passé du temps à refaire des trucs que je me souviens avoir déjà faits précédemment.
Comment faire pour éviter ça?
Pendant les vacances de la Toussaint, j'ai fait du tri et étiqueté. Pour moi qui suis déjà T2, c'est facile, j'ai prélevé dans mes classeurs de l'an dernier ce qui concerne les matières que j'enseigne cette année : ayant des quarts-temps,je me suis arrangée avec mes collègues pour ne faire qu'une part du programme. (En maths, on peut séparer géométrie et mesures du reste des compétences, par exemple.) J'ai donc extrait tout cela de mes classeurs de cycle 2 et de cycle 3, et j'ai fait de plus petits classeurs étiquetés "géométrie et mesures cycle 2" et idem cycle 3. C'est donc assez facile pour moi de m'y retrouver.
Oui, mais... Ca ne suffit pas toujours. Les activités faites l'an dernier ne me semblent pas toujours prêtes pour un deuxième usage. J'ai des polys en vrac (même si j'ai passé des heures à trier ça en fin d'année dernière), quelques squelettes de séquence (rarement), mais plus les mêmes manuels, ni les mêmes élèves, et j'ai beaucoup oublié.
Concevoir aujourd'hui un travail réutilisable à l'infini.
C'est en repérant les fiches et supports anciens qui me semblent réutilisables cette année, que je vois quel genre de travail j'ai intérêt à produire aujourd'hui pour gagner du temps demain.
D'abord, la fiche de prep par séance, ben c'est le genre de choses que je ne réutilise pas. Le squelette d'une séance de découverte sur les angles droits, franchement, ce n'est pas vital. Si on l'a fait une fois,on sait quelle entrée marche, quelle entrée alternative proposer si ça ne marche pas avec certains, et voilà.
Et si on l'a fait dix fois, je suppose qu'on sait encore mieux comment procéder, bref, là il n'y a sans doute pas d'intérêt à faire une fiche de prep.
Par contre, un squelette de séquence, ça c'est utile. (Exemple 1 séance pour les angles droits et l'équerre, 1 séance pour découvrir les gabarits et les calques, et repérer les angles, puis 1 séance pour les perpendiculaires et leur tracé. 1 séance de systématisation, et 1 évaluation. Avec liste des compétences correspondantes dans les IO pour faire bonne mesure.) Voilà un outil concret, d'une page, pour bien programmer la période et se rassurer sur la façon de mener les apprentissages. Si en plus on a classé les supports d'activités dans l'ordre de la séquence, alors le travail est prêt.
Oui, mais l'an dernier j'avais un autre manuel. Tout est à refaire...
Eh ouais. Trop dur... Mais là mon cerveau s'esclame : et alors? En général les exercices se retrouvent d'un manuel à l'autre. Cette année, j'ai décidé de garder une copie des exercices proposés sur chaque grand thème, pour avoir une typologie des exercices à donner, et pouvoir combler les manques éventuels d'un manuel dans les années à venir.
Par ailleurs, à force d'utiliser des piles de manuels différents (j'ai trois classes de CE1, trois fichiers de maths différents), et fatiguée de faire des allers-retours entre la progression du manuel Machin et la façon de faire du fichier Truc, j'ai décidé de sélectionner pour chaque séquence le meilleur des trois, et de faire des fiches montages pour les classes qui n'ont pas le fichier que j'ai jugé le meilleur. Donc je scanne la partie du fichier de mon choix et je réalise une fiche support, dont je garde à chaque fois une version dans mes archives. J'utilise éventuellement un des deux autres fichiers pour réaliser l'évaluation (et là aussi je garde mon montage).
Les quarts-temps, situation idéale pour s'entraîner à la réutilisation
Avec quatre classes, je suis amenée à travailler les mêmes compétences avec différentes classes de même niveau : pas question de passer à côté de l'occasion : je prépare la séquence une fois et je décline (je n'ai pas dit que je répétais : je décline, j'adapte) à partir d'un squelette commun.
Cette année, je me prépare donc un stock de séquences toutes prêtes, dont la "réutilisabilité" a déjà été testée. Et je ne cesse de travailler à rendre mon travail adaptable, réutilisable, prêt au réemploi, pressée que je suis de limiter mon boulot cette année à une quantité qui me permet de dormir cinq heures par nuit raisonnable.
En voici un, un des côtés positifs du statut de fractionné(e). Obligée de devenir experte en recyclage!
Donc ça y est, cette année, je suis partie, je travaille pour mon année mais aussi pour les suivantes.
Quelques pistes de ce que j'ai d'ores et déjà découvert :
1. Refaire la fiche séquence "a posteriori" : non, ce n'est pas un "truc" pour arnaquer les CPC et IEN lors de leurs visites, et leur faire croire qu'on a fait des preps alors qu'on avait tout improvisé le jour venu. On prépare les séances, et puis à la fin on se retourne et on fait un bilan rapide : combien de séances ont été nécessaires? Comment aurait-on pu faire? Qu'est-ce qui a marché le mieux? (= eh oui moi je peux tester la plupart de mes séquences sur plusieurs classes d'affilée, j'ai de la chance en fait d'être une quatre-quarts). Garder le squelette de la séquence, les étapes, en faire une fiche A4 (pas plus, on veut un outil pratique et facile à archiver, pas un mémoire).
2. Considérer que ce qui sert d'évaluation à des CP peut constituer un entraînement à des CE1, idem entre CE2 et CM1 ou entre CM1 et CM2. Faire un support d'activité bien fait pour les uns, et le garder dans le classeur de CYCLE.
3. Si on prend la peine de faire un montage un petit matin glauque ou un midi dans l'urgence, c'est sûrement un support qui vaut la peine d'être gardé. C'est qu'on a déjà sélectionné un best of d'activités.
4. Si on est sur un poste fractionné et qu'on fabrique parfois des supports le midi dans l'école où on se trouve sur les ordinateurs de l'école, prendre le temps de se créer un répertoire pour ses documents sur le réseau de l'école. Tout ranger. A priori, tout support créé vaut la peine d'être stocké. Et s'envoyer par mail les documents créés, en fin de période, en faisant le tri, et en supprimant ce qui finalement n'était pas si judicieux.
Bon, et puis en règle générale, ce que j'ai et que je réutilise, ce ne sont pas des preps de séance ni de séquence, mais des supports d'activité, des photocop pour la trace écrite, des documents pour enrichir les séances.
Des aspects concrets.
Pour avoir récemment emprunté à une collègue qui a vingt ans d'expé ses fiches et classeurs, je peux vous assurer qu'une photocop d'une photocop d'une photocop, c'est illisible, plein de machins gris sur les bords, et de traces parasites diverses (taches de correcteur sur la vitre du photocopieur, cheveu photocopié par mégarde, défaut du papier, traces de doigts venant de se ruer sur la dose quotidienne de chocolat aux noisettes sales...).
Ce que j'ai dans mes classeurs, quand ça se passe bien, c'est la feuille que j'ai imprimée moi-même de mon ordi (ou celui de l'école X), qui a servi à faire les photocops. Et si j'ai des photocops en rab je les stocke derrière, dans le protège document.
Si je fais un montage à partir de photocopies, je colle mes morceaux photocopiés sur une feuille toute blanche, je fais bien attention de retirer les traces des bords de mes photocopies, les numéros de page, parfois les numéros d'exercices... (Oui, on a toujours l'air con quand on présente aux gamins une fiche d'exos avec numéro 1, numéro 5, numéro 4 et numéro 8).
Le truc énervant, aussi, c'est la photocopie toute pâle. Alors il faut repasser au stylo ou trouver des artifices machiavéliques, c'est un peu casse-pied. Ce que je préfère, en fait, dans ce cas, c'est utiliser mon scanner.
Si vous avez un bon manuel ou fichier, enfin suffisamment bon pour qu'au moins une activité soit prélevée pour figurer dans vos outils de travail pour votre carrière entière, mieux vaut scanner.
J'ai la chance d'avoir acheté un jour pour 1 euro une imprimante multifonction... La partie imprimante n'a pas survécu à la première canicule venue, et puis l'encre c'est trop cher... Alors j'ai investi dans une imprimante laser, mais j'ai conservé l'autre pour avoir un scanner.
On scanne la page, on délimite le morceau à garder, et ensuite on bidouille :
- on gomme ou on modifie sur Paint ou autre programme basique de dessin.
- on se met sur son traitement de texte préféré, on insère à partir du fichier, et on augmente le contraste (si on diminue la luminosité et qu'on augmente le contraste, l'un puis l'autre, successivement, on finit par arriver à quelque chose de très net).
- on peut rajouter la consigne ou le titre ou ce qu'on trouve approprié avant d'imprimer.
En plus du coup on peut stocker tout ça en format numérique, rien de tel pour conserver la qualité au fil des ans, et pi ça prend moins de place dans votre humble chaumière et ça diminue les risques d'incendie.
De manière générale et surtout si on scanne, mieux vaut organiser ses archives intelligemment sur son PC. Enfin c'est ce qu'il me semble.
C'est un objectif que j'ai, je vais m'y atteler petit à petit.
Car dans l'état actuel, j'ai encore par exemple des dossiers spécifiques à mes stages en PE2. Si je cherche une certaine séquence de conjugaison, il me faut aller chercher dans PE2 / stages / stage numéro n / français / conjugaison.
Mon objectif serait d'avoir d'un côté les fichiers que j'utilise pour l'année en cours (listes d'élèves, projets, évaluations etc), puis une classification de tous mes outils divisés en cycle 2 / cycle 3 (voire cycle 1), ensuite par domaines, ensuite par sujets de séquences.
Et à plus long terme mettre tout ça sur des CD pour ne pas risquer de perdre bêtement des mois, des années de travail, à la faveur du premier virus qui passe. A propos, lavez-vous les mains ya des gastros de partout.
En complément : les fiches de l'an dernier que je n'arrive pas à réutiliser...
... et que donc je vais pouvoir f**tre en l'air recycler au lieu de les conserver :
- Ce sont par exemple celles où je mêle plusieurs activités travaillées au même moment, par exemple un truc sur la symétrie axiale et des conversions entre unités de masse, sur la même évaluation ou fiche de travail en autonomie.
- Ce sont celles qui contiennent du texte manuscrit, rajouté dans l'urgence après impression et avant photocopie - je trouve ça moche alors je refais à l'ordi. C'est trop bête de ne pas avoir pris le temps de faire bien dès le début.
- Ce sont celles où le montage est mal fait, pas droit, bref du photocopié de photocopie au lieu d'avoir scanné. (voir plus haut)
- Ce sont celles qui font allusion à ce qu'on fait dans d'autres matières, par exemple un travail de grammaire qui reprend des phrases du livre lu en littérature, ou des activités de maths sur ce qu'on faisait en histoire... C'est trop pointu pour être réutilisable, à moins de chosir de faire exactement les mêmes progression dans tous les domaines, chaque année.
- Ce sont celles qui ont foiré! Mal faites, avec un énoncé pas clair, avec des données numériques qui vraiment tombaient mal, avec des activités trop difficiles ou trop faciles,...
- Ce sont les activités ou évaluations qui vraiment sont trop galères à corriger, par la façon dont elles sont conçues (questions ouvertes, demande d'explications ou d'explicitations du raisonnement, schémas, long texte à produire). Ca, c'est vraiment un critère décisif.
- Ce sont celles pour lesquelles j'ai trouvé des documents plus appropriés depuis! Ayant testé des supports l'an dernier et ayant trouvé des trucs qui marchaient mieux, je commence à être en mesure d'effectuer un vrai tri. Ca doit vouloir dire que j'accumule de l'expérience.
Ca fait toujours plaisir de s'en apercevoir.
Voilà où j'en suis de mes réflexions et de ma pratique. Comme toujours vos avis et idées sont bienvenus.
Puisque vous avez insisté : les photos sont ici. Dans l'ordre:
Le petit meuble près de l'ordi où je suis /
les étagères "de classement" dans la pièce pas chauffée censée me servir de bureau... /
la pile "nomade" qui est sur la chaise quand je dors et sur le lit quand je travaille (vous avez ça aussi, une pile nomade? rassurez-moi pleeeeaase)
Tout ce qui n'est pas flouté, c'est pour l'école. OK j'ai oublié de flouter une ramette de papier, mais bon si on veut être très très précis, j'ai quelques trucs ailleurs que sur ces photos qui sont aussi pour l'école : contes, livres... Et tout cela sans compter le matériel qui n'est pas sous forme "papier" : cartons, boîtes, tissus, pots en verre, et autres entreposages divers et variés qui me coûtent presque un quart de loyer à entreposer chez moi.
Hier visite à une collègue qui a 20 ans de métier... J'en reviens toute rêveuse...
Après une brève séquence faisons-nous-du-mal
("Le weekend dernier on a été à Barcelone parce que mon ami y a un pied-à-terre" " Ouaouh, trop bien, à quel endroit dans Barcelone?" "Ben sur les Ramblas" Rooooooh! Je suis veeeeerte de jalousie, et elle a fait ses achats de Noël pour les deux tiers du prix français, et puis elle a pris des clopes au passage bon moi je fume pas, mais zhom...), donc bon j'étais déjà rêveuse...
... elle m'a refilé tous ses classeurs pour le cycle 2, en me disant "je n'en ai pas besoin jusqu'à Noël tu peux prendre ton temps pour photocopier ce qui 'intéresse".
C'est impressionnant. Des fiches, des supports, bien pensés, bien réfléchis, pour la découverte du monde ou les maths. Bon, il y a des choses qui ont changé dans les programmes, et puis certains supports ont un peu vieilli, mais quand même, je vais y trouver dix fois, cent fois mon bonheur, moi qui passe mes après-midi à scanner des manuels et faire des montages approximatifs.
Donc...
C'est déjà un peu Noël, pour moi!
C'est fou la différence entre les PE qui débutent et les PE qui ont vingt ans de métier. Ce n'est pas le même travail, en fait. On peut vraiment se concentrer sur ce qui se passe en classe et sur les besoins des enfants, au lieu de penser à ses besoins à soi en terme de supports et d'outils de travail (séquences déjà conçues et testées, progressions et programmations qui ont du sens et qui sont efficaces).
Aussi je me dis : dès à présent j'ai intérêt à penser à du réutilisable. (Bon, en ayant quatre quarts temps et en reprenant souvent des fiches d'une classe à l'autre, je suis entrée de plain-pied dans cette optique du réutilisable depuis la rentrée, et j'en suis déjà très contente parce que je m'économise un peu côté préparation.) Maintenant, j'aimerais arriver à "la moitié du boulot de préparation que je fais, pourra être réuilisée". Voire "les trois quarts". J'en suis encore loin mais j'y travaille.
D'ailleurs ça tomb bien je pensais à faire un message sur le sujet. C'est pour bientôt...