Un petit poste avec de l'opinion personnelle dedans, et si mon blog doit fermer pour si peu, tant pis.
C'est cet article que je vous propose de lire sur les avis des enseignants qui résistent. Un article du Monde daté du 20 mars.
Toues les questions qui se posent sur ces deux heures en plus (enfin, en moins pour les autres), y sont. Plus des avis sur les programmes 2008 et les évaluations nationales (Cm2).
Deux extraits qui me font réfléchir :
Quand j'étais jeune, je croyais que l'école pourrait sauver le monde, (...). Mais lorsque je vois les 10 % d'enfants qui arrivent fracassés par la vie, je constate qu'il faudrait des moyens énormes pour les tirer vraiment vers le haut.
Nous ne sommes pas devenues fonctionnaires pour être planquées mais parce que l'éducation nous passionne. Elle est pour nous un engagement citoyen. C'est pour ça que nous sommes en résistance.
Enfin un petit mot de moi sur la création de ces deux heures d'aide individualisée:
Au début j'étais super contente de ne plus avoir que 24h par semaine, et pour nous qui étions au régime de la semaine de quatre jours cela voulait dire tout simplement qu'on retrouvait des vacances normales - la dose hebdomadaire restait à 24h. Au final, ces deux heures en plus s'ajoutent à notre durée hebdomadaire de travail, et la dose quotidienne est accrue : c'est au moins aussi épuisant, pour moi, et sûrement pour ces quelques enfants déjà peu enclins à se concentrer longtemps.
Ces deux heures à effectif réduit me semblaient aussi un bon prétexte, à moi qui débute, pour moins différencier les activités pendant le temps scolaire en classe pleine : pas si important de s'occuper spécifiquement des élèves un peu à la traîne, puisqu'on reprendrait la notion en plus petit groupe ensuite. Différencier, c'est si compliqué.
Oui, mais c'est trompeur : certains élèves en difficulté ponctuelle et non inclus dans le groupe "en difficulté" ont besoin d'attention, et puis semer sciemment les élèves en difficulté, même si on les soutient ensuite, ça ne les aide pas à se sentir bien en classe. Et ça peut les encourager à lâcher prise en classe, en attendant qu'on reprenne la notion ensuite. Donc, ça ne remplace pas du tout la différenciation.
Tout ça pour dire qu'au début je trouvais que c'était une bonne idée.
Toujours beaucoup de bon sens ...
Est-ce une bonne ou une mauvaise idée ? C'est en tout cas un essai, né d'intentions variées, politiques, pédagogiques, financières...
La seule chose qu'on peut en dire, nous, enseignants, c'est qu'il nous faut optimiser au mieux ces deux heures pour que véritablement les élèves en difficulté en tirent partie au mieux. Et ça n'est pas parce que tu as subi les effets pervers de ce nouveau type d'organisation (à savoir moins de différenciation en classe) que ça devient pour autant une mauvaise idée : maintenant que le problème est analysé, il faut passer à l'étape suivante et se proposer une autre façon de faire. Différencier en classe ET soutenir ensuite. Non ?
différencier en classe, oui encore et toujours oui, les écarts sont tellement importants entre élèves (pourtant je ne suis pas dans une zone dite difficile) que je n'arrive même pas à penser mon enseignement sans différenciation. J'ai même instauré le cours double (un groupe fait maths pendant que les autres font français et on inverse.) un matin dans la semaine.
Lors d'un groupe de travail avec mon inpecteur sur les aides en classe, un proviseur de collège avait expliqué qu'ils s'étaient rendus compte que plus il y avait d'aide extérieure et moins les enseignants différenciaient en classe pensant que les aides allaient tout régler.(il ne faut biensûr pas généraliser mais c'est une tendance que l'on peut prendre même inconsciemment) Surtout pas! quant aux deux heures... soupir...
moi aussi je me disais que nous qui ralions toujours parce que pas le temps de prise en charge avec les élèves en difficulté,c'était l'occasion de dégager du temps mais pas comme ça.La ce n'est que du saupoudrage, qui augmente des journées d'élèves fatigués par leur 6 h/ quotidienne.Cela va à l'encontre de tous les spécialistes sur le ryhtme de l'enfant. Là encore c'est une décision prise à la va vite ( et bien clienteliste pour les parents) sans concertation des professionnels sans moyens réels. Et l'avis des élèves dans tout ça?
je me retrouve dans ce que tu dis sur l'aide individualisée.
merci pour vos avis
sophieb, j'suis bien d'accord!
J'ai appris tout récemment qu'un CPC (je ne dirai pas qui ni où) qui en parlait avec des enseignants un peu perdus, a dit qu'on pouvait même envisager de prendre des élèves rapides, bons, histoire de leur consacrer du temps et d'aller plus loin avec eux.
Ca me paraît une bonne idée, et ce sont les meilleurs élèves qui sont les plus à même de profiter d'une journée plus longue, mais je ne crois pas que notre ministre apprécierait que ça se généralise : le côté "vous voyez, on donne plus à ceux qui ont moins" en prendrait un sacré coup.
Oui bin tu sais (au risque de me faire jeter par les censeurs de l'EN) rien n'est adapté dans notre fonctionnement. Les gamins ça les saoule, toi ça te saoule, les parents ça les stresse, les mômes hors normes (dans un sens ou dans l'autre) doivent rentrer dans des cases alors que c'est pas possible. On marche sur la tête. (Oui bon ok j'avoue je suis dépressive, ça me fait peut être dire des choses bizarres)
unjourPE - oui, tout le monde doit rentrer dans des cases ou souffrir un max de sa différence - et faire souffrir les parents qui se demandent ce qu'ils ont raté avec leur enfant, et faire souffrir les instits qui se demandent ce qu'ils font qui n'est pas adapté.