Warning : je noircis le tableau, surtout parce que dans la réalité on a en général des collègues ouverts qui essayent de rendre la vie plus facile à leur quart-temps (et merci à eux / elles au passage).
A toi, cher(e) fractionné(e) potentiel(le), je continue de faire part des découvertes de mon année de quatre-quarts, toujours dans le souci de t'épargner de les faire à ton tour dans la souffrance et toujours pour le plaisir de jouer à la donneuse de leçons même quand la journée de classe est finie.
Je t'offre un scoop pour cette fois : n'être dans la classe et dans l'école qu'un jour par semaine, c'est la garantie assurée de complications dans la gestion de la classe (par rapport à une prof des écoles qui a sa classe tous les jours). Voilà qui ne surprendra pas les ex-PE2 qui ont connu la chose en stage filé, sauf que là c'est multiplié par quatre.
Déjà, tout simplement, n'être là qu'un jour par semaine signifie que d'un lundi à l'autre, par exemple, les enfants n'auront aucun rappel de ce qui a été fait ce jour-là. Tout s'oublie, et d'autant plus vite que les enfants sont petits (avec des cycle 2, un jour par semaine, c'est trop espacé).
Rien que pour noter les devoirs à faire, se pose le problème du support : sans cahier de texte, comment noter le lundi soir le travail pour le lundi suivant? Il faut en fait le transmettre à la titulaire et espérer qu'elle n'oubliera pas de le faire écrire le vendredi ne me demandez pas pourquoi je dis ça. Et même avec des cycle 3 qui, eux, maîtrisent vraisemblablement le cahier de texte, le simple fait de ne pas être assez précis en notant les devoirs, peut poser des problèmes : mais cette leçon, on l'avait notée où? On doit l'apprendre sur le livre? Par coeur? Bref...
Et si par chance les enfants savent ce qu'il faut faire et quel matériel il faudra emporter, vous arriverez parfois le lundi matin en demandant "alors, vous avez bien révisé la leçon Truc" (avec l'évaluation photocopiée encore toute chaude, prête à servir, sur la dite leçon), et là les enfants diront : "Oui mais on n'a pas pu réviser on n'avait pas nos affaires, parce que vendredi la maîtresse était absente alors on n'a pas pu les prendre". Et personne ne vous a averti(e)...
Passons sur le fait que ce qui a été fait la semaine dernière a été perdu ou égaré par les enfants dans leurs affaires ou leur cartable, ou par la titulaire dans la classe (je suis méchante exprès, là, en fait ça arrive rarement).
Passons aussi sur le fait que pour les enfants, le jour où tu es dans l'école est une parenthèse dans leur vie normale de classe, et que du coup ça fait souvent un peu récréation... (Il y aurait tant à dire à ce sujet...)
Remarquons que comme tu n'es jamais dans l'école en même temps que ta titulaire, tu ne peux avoir aucune idée de la façon dont les choses se passent avec elle ou lui, hein. Sa tolérance au bruit, sa façon de se positionner physiquement dans la classe, sa gestion des corrections (à son bureau ou dans les rangées), sa rigueur pour les déplacements, pour les échanges dans la classe, pour la façon de s'asseoir et de tenir son bureau rangé, sur sa façon de passer les consignes ou d'attendre le silence... Donc tu seras toujours en décalage par rapport au fonctionnement implicite de la classe, et par exemple ton geste pour montrer que tu attends le silence (mettons, croiser les bras en se mettant sur le côté, par exemple) sera celui qu'utilise la collègue pour mettre les élèves en action une fois qu'elle a passé la consigne. Mais tu ne le sauras jamais et tu te reprocheras tout ce qui ne marche pas comme tu le souhaites...
Car l'autre côté néfaste de ton absence de l'école pendant presque une semaine, c'est que la vie continue en ton absence (et curieusement toi tu as parfois l'impression que non, tu as toujours l'impression de retrouver l'école telle que tu l'as quittée, je ne sais pas pourquoi - d'autres fractionnés peuvent confirmer que ça leur arrive aussi?). Et que tout ce qui s'est passé t'a échappé : absences de collègues, incidents plus ou moins graves, changements de fonctionnements dans l'école, maladie d'un enfant ou événement important survenu dans une famille, changement de place des enfants dans la classe, arrivée d'un nouveau ou départ d'un élève...
Ca fait plusieurs fois que je n'apprends l'arrivée d'un nouvel élève que le matin vers 8h et quart, quand l'enfant est là depuis plusieurs jours (et que parfois la titulaire a été prévenue depuis plus d'une semaine...). Un matin c'est carrément en les comptant, en montant l'escalier, que je me suis aperçue qu'il y en avait un de trop. Et c'est en questionnant que j'apprends "Ah oui tu en as un nouveau, il s'appelle Mathéo". (Information immédiatement suivie d'une autre, extrêmement plus importante, du genre "c'est un petit blond", alors que tu ne sais même pas, dans ta classe double niveau, s'il est en CE1 ou en CE2)
C'est toujours une joie également d'arriver le même matin (ou mardi, enfin bref) et de devoir gérer les questions des parents pour la sortie du vendredi 12, la kermesse de Noël, ou de devoir encaisser l'argent pour les photos de classe, la tombola ou telle autre participation financière, alors qu'on n'est au courant de rien.
Dans la vie de l'école, n'être là qu'un jour par semaine fait que :
Mais le plus compliqué peut-être, c'est que les parents ne te voient quasiment jamais. Les rares jours où tu es là, tu prends le temps le matin de lire le cahier journal pour suivre ce qui s'est passé les jours précédents, le soir tu prends le temps de tout laisser en ordre avec éventuellement un petit mot (ou la photocop de ton cahier journal) pour la titulaire, donc tu n'as pas trop le temps de faire du relationnel à la porte. Grossière erreur, car les absents ont toujours tort. Comme tu n'as probablement pas assisté à toutes les réunions parents/ profs de la rentrée, ils ne t'ont pas vu(e), ne t'ont pas entendu(e), et ne sauront de toi que ce que les élèves retiendront, c'est-à-dire en général les choses qui les marquent : tes erreurs ou faux-pas. D'où de mauvaises surprises comme la mienne à la Toussaint. Les parents, déjà pas toujours contents de l'alternance entre deux maîtresses, imaginent rapidement le pire sur celle qu'ils ne voient pas... Pour peu que ta personnalité diffère de celle de l'autre maîtresse, les enfants vont amplifier les différences et dresser aux parents un portrait caricatural de leur maîtresse du lundi ou du mardi etc. D'où les difficultés.
Conseils perso kivalskival
Oh lala c'est l'enfer ce boulot.
Nan, je noircis le tableau pour les futurs fractionnés, parce qu'il vaut mieux une bonne surprise qu'une fausse joie.
(toi aussi tu t'ennuies quand ton zhom est devant le foot?)
zhom est parti voir le foot chez un type du forum de l'OGCNice. Alors oui je m'ennuie.
Ben dis donc ... tu as du passer une année plus que stressante !!! Mais je veux bien te croire ... la communication entre PE d'une même école est parfois quasi inexistante alors avec un fractionné, n'en parlons pas ! Kimbe raid pa moli ... comme on dit chez moi !
salut Magali - euh j'ai honte j'ai pas tout compris à la fin...
Une année stressante? Un peu au début mais ensuite on s'habitue à ce que rien ne soit prévisible.